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Sexualité et sport

Sexualité et sport

La sexualité et le sport font-ils bon ménage ?

Mais que veut bien dire cette question ? Elle fait allusion à  celui ou celle pour qui le sport reste une activité de loisir, de détente, auquel il ou elle consacre quelques heures par semaine.

Il est communément admis que parmi les facteurs les plus cités comme pouvant avoir un effet négatif sur la sexualité figurent le stress, la fatigue, la sédentarité, l’obésité, le diabète, les troubles du métabolisme lipidique, le tabac ou l’alcool.

Indéniablement, tous ces éléments ne correspondent pas à l’image que nous nous faisons tous du sportif ou de la sportive.

De fait, l’inactivité physique, par exemple, est bien un facteur reconnu de difficulté sexuelle.

Nous savons qu’ au-delà de 40 ans, les hommes ont moins de troubles de l’érection s’ils pratiquent régulièrement une activité physique ou un sport, et la fréquence de ces dysfonctions érectile est corrélée au tour de taille !

De la même manière, il a été démontré par plusieurs études  polonaise que la pratique d’une activité physique était corrélée à une sexualité plus gratifiante chez les femmes en périménopause (âgées de 45 à 55 ans).

 Il est bien entendu très probable que le bénéfice du sport en matière de qualité de vie sexuelle passe par des mécanismes multiples, parmi lesquels se situent en bonne place une meilleure santé, un renforcement cardio-vasculaire, une meilleure stabilité émotionnelle, une réduction des effets du stress ou une meilleure capacité de relaxation.

Pour autant, une bonne hygiène de vie, une absence de tabagisme ou une silhouette svelte ne peuvent suffire pour épanouir à coup sûr une sexualité…

Celle-ci est dépendante de trop de facteurs psychologiques personnels, historiques ou contractuels, trop de données liées au couple, à la famille ou à l’environnement socioprofessionnel pour qu’il en soit ainsi.

Conséquences sur la sexualité.

Il y a un effet négatif sur la sexualité que peuvent jouer le surentraînement, les charges de travail énormes, les compétitions à répétition.

Il n’y a pas là matière à étonnement, et peu d’auteurs se préoccupent aujourd’hui de savoir si le mode d’emploi de  cette problématique passe par une baisse de la testostérone ou autre chose.

Sujet plus polémique : la préconisation de l’abstinence sexuelle dans le but d’améliorer les performances sportives est-elle justifiée ?

L’isolement d’une équipe, protégée de toute sollicitation érotique, son confinement dans un environnement aseptisé de sexe, sa « mise au vert », comme on dit, fait encore facilement débat.

À quoi cela peut-il servir ? S’agit-il de souder un groupe, de lui permettre de se concentrer totalement sur un objectif unique, la compétition sportive ? Ou la quantité d’énergie dépensée lors d’ébats sexuels inopinés risquerait elle de nuire à la performance sportive ?

Stopper sa sexualité, un temps.

Beaucoup de raisonnements ont été tenus sans être étayés par la moindre preuve scientifique irréfutable. L’abstinence, pourrait-elle accroître l’agressivité ? L’acte sexuel, pourrait-il faire baisser le taux de testostérone, ou, pour d’autres auteurs, au contraire l’augmenter, et constituer en quelque sorte un « dopage » naturel ?

À tout cela, il semble possible de répondre par deux évidences. D’une part, à écouter les sportifs et les sportives, un rapport sexuel la veille d’une compétition est soit totalement hors sujet, soit souvent considéré comme une très bonne méthode de relaxation pour lutter contre une angoisse souvent importante.

D’autre part, nos collègues cardiologues ont calculé depuis longtemps que la dépense énergétique consommée lors d’un rapport sexuel « normal » équivalait à la montée d’un escalier de 20 marches, c’est-à-dire bien moins que lors d’une scène de ménage ! Faut-il rendre les ascenseurs obligatoires la veille des matchs ?

 S’il est un sport qui fait la une de l’actualité sexologique depuis une dizaine d’années, c’est le vélo. Les séquelles génitales des traumatismes de l’enfance ont ainsi été étudiées, comme les prostatites et les augmentations transitoires des antigènes spécifiques de la prostate (PSA ou Prostate Specific Antigen) consécutives au frottement.

De véritables névralgies par compression du nerf pudendal (syndrome d’Alcock) ont été décrites, d’où des paresthésies, mais parfois aussi des douleurs du périnée, du rectum et des organes génitaux.

Et puis il y a le risque de compression vasculaire consécutives à la position assise prolongée, qui pourrait être liée à deux mécanismes : la compression ou l’étirement du nerf pudendal d’une part, la compression des artères honteuses et péniennes qui induit une réduction de l’apport local d’oxygène d’autre part. 

Le vélo peut causer des problèmes de sexualité.

On a pu même ainsi démontrer qu’une pratique de la bicyclette plus de 3 heures par semaine multipliait le risque de compression vasculaire par 1,7. Globalement, il est communément admis que l’augmentation du risque est de 4 %, mais il n’y a jamais vraiment eu d’étude prospective irréprochable réalisée sur le sujet.

Quelques chercheurs en font aujourd’hui un important axe de recherche, et leurs travaux semblent démontrer que le risque de compression vasculaire dépend de différents paramètres, comme le poids de l’individu, la configuration anatomique du pelvis et sa position sur la selle.

Il semble logique de penser que cette dernière sera, à l’avenir, adaptée aux considérations anatomiques de tel ou tel homme, de manière à prévenir la survenue des troubles en question.

Une étude américaine réalisée en 2006 a bien semblé démontrer qu’il existait une diminution des sensations génitales chez les femmes pratiquant le vélo de compétition, mais aucun effet négatif sur la fonction sexuelle et la qualité de vie n’a été démontré.

 

Plus récemment encore, chez des cyclistes et des adeptes de l’équitation, quelques cas de microcalcifications clitoridiennes ont été diagnostiqués à l’échographie. Potentiellement rattachées à des micro-hématomes, des phénomènes inflammatoires et/ou dégénératifs, on n’en connaît pas la signification clinique.

 Enfin, le sexe et le sport semblent présenter bien des similitudes. Ce sont notamment des sources intarissables de plaisir, des moyens inépuisables de communication, mais aussi de remarquables écoles de modestie qui nous démontrent chaque jour que rien n’est jamais définitivement acquis. Faisons en sorte qu’il en soit toujours ainsi à l’avenir en laissant à ces fonctions du corps et de l’esprit leur véritable sens !

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